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Débat sur la réforme du baccalauréat

Intervention de Françoise LABORDE

Françoise LABORDE

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Mme Françoise Laborde. Madame la présidente, monsieur le ministre, mes chers collègues, ma première question est simple : le ministère de l’agriculture a-t-il pris une part suffisante dans l’élaboration de la réforme du baccalauréat appelée, sans vouloir vous manquer de respect, monsieur le ministre, « réforme Blanquer » ?

Les inquiétudes soulevées par les personnels de l’enseignement agricole et les premières annonces permettent d’en douter. L’agronomie devient une option facultative, alors qu’elle était un enseignement de spécialité obligatoire. Cette situation est inquiétante quand on sait que les titulaires d’un baccalauréat scientifique obtenu en lycée agricole se destinent souvent à devenir ingénieurs agronomes.

Le choix de seulement deux spécialités en terminale est problématique quand la poursuite d’études supérieures en requiert trois, comme en classe préparatoire véto-agro, qui exige un niveau élevé en mathématiques, physique et sciences de la vie et de la terre, ou SVT.

Par ailleurs, certains lycées agricoles ne seront pas en mesure de proposer tous les binômes de disciplines et, face à ce risque, les parents risquent de préférer les lycées privés. La question de la survie du service public de l’enseignement agricole est donc clairement posée.

Concernant le baccalauréat sciences et technologies de l’agronomie et du vivant, ou STAV, seul baccalauréat technologique de l’enseignement agricole, il sera modifié, sans que l’on dispose de beaucoup de précisions à ce jour. La réforme laisse planer le risque d’une diminution d’horaires, donc d’un appauvrissement des contenus. Pouvez-vous nous en préciser les contours ?

Par ailleurs, la filière de l’enseignement agricole, seule à être placée sous la responsabilité du ministère de l’agriculture, aurait été oubliée dans les choix proposés par Parcoursup. C’est grâce à la vigilance des enseignants que les filières proposées par les établissements agricoles ont été ajoutées. Certes, la double tutelle de cet enseignement ne simplifie pas les choses, mais comment mieux prendre en compte ces spécificités lors des réformes de l’éducation ? (Applaudissements sur les travées du groupe du Rassemblement Démocratique et Social Européen et du groupe Union Centriste. – M. Gérard Longuet applaudit également.)

Mme Françoise Férat. Très bien !

Mme la présidente. La parole est à M. le ministre.

M. Jean-Michel Blanquer, ministre de l’éducation nationale. Madame la sénatrice, comme vous le savez, je suis un grand défenseur de l’enseignement agricole et je ne rate jamais une occasion de dire qu’il se passe dans l’enseignement agricole des choses extrêmement intéressantes, qui peuvent même parfois servir de modèles pour les lycées de l’éducation nationale. (Mme Françoise Laborde acquiesce.) Vous pouvez donc être certaine que la réforme du baccalauréat ne vise à établir aucune compétition entre enseignement général et enseignement agricole. Elle témoigne encore moins d’un quelconque désir d’affaiblir ce dernier.

Bien entendu, la réforme, comme d’ailleurs toutes les réformes en la matière, a été conçue en lien avec le ministère de l’agriculture, comme le permet notre système institutionnel, et à la suite de discussions personnelles entre le ministre de l’agriculture et moi-même.

L’une des douze disciplines de spécialité a clairement été conçue pour être implantée dans les lycées agricoles : il s’agit de « biologie-écologie », héritière des séries existantes. Cette discipline peut d’ailleurs grâce au nouveau système, qui est plus modulaire, permettre des ponts plus importants qu’aujourd’hui entre l’enseignement agricole et les filières générales, qui y sont souvent présentes. C’est donc plutôt un enrichissement des possibilités et des opportunités qui s’ouvre avec ce nouveau baccalauréat, qui, en étant plus modulaire, est aussi plus interconnecté. On pourra le constater entre l’enseignement agricole et l’enseignement général, comme entre celui-ci et l’enseignement technologique, l’enseignement professionnel et, même, les baccalauréats internationaux.

Bien évidemment, il faudra examiner chaque cas spécifique. Vous avez évoqué la classe préparatoire aux écoles vétérinaires, qui est peut-être l’un des cas extrêmes. Nous y avons pensé, notamment en créant les options « mathématiques expertes » et « mathématiques complémentaires », qui permettent, par exemple, de choisir la physique, les SVT et les mathématiques, soit les trois disciplines que vous avez mentionnées, madame la sénatrice.

Nous avons évidemment travaillé à partir des cursus et des attendus de l’enseignement supérieur, ce qui normalement ne créera pas d’angle mort dans le continuum « lycée-licence » que nous appelons de nos vœux.

Mme la présidente. La parole est à Mme Françoise Laborde, pour la réplique.

Mme Françoise Laborde. Je vous remercie de votre réponse, monsieur le ministre. Je sais que vous pensez que l’enseignement agricole est un enseignement de qualité et que vous le citez en exemple. Nous le faisons aussi.

Nous devons être très attentifs. C’est pourquoi je vous demande de vous assurer, en coordination avec les autres ministères – nous rencontrerons bientôt Mme Vidal –, que, en amont, aucun baccalauréat d’aucune filière n’a été oublié et que, en aval, les futurs bacheliers auront bien accès à toutes ces filières, grâce à Parcoursup.

 

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