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Projet de loi relatif à la lutte contre la piraterie et à l'exercice des pouvoirs de police de l'Etat en mer _ Texte n° 607 rectifié (2008-2009)

François FORTASSIN

M. le président. La parole est à M. François Fortassin, pour un temps illimité à condition qu'il ne dépasse pas 13 heures... (Sourires.)

M. François Fortassin. Monsieur le président, monsieur le secrétaire d'État, mes chers collègues, le texte que nous examinons aujourd'hui a pour vocation de créer une qualification juridique spécifique pour les actes de piraterie maritime et de donner un cadre légal aux mesures de rétention à bord des bâtiments français décidées dans le cadre de l'action de police de l'État en mer.

Rappelons que l'objectif est de se conformer au droit européen. Le Gouvernement nous soumet en effet ce texte quelques jours à peine après que la Cour européenne des droits de l'homme a rendu l'arrêt Medvedyev.

Aussi ancienne que la navigation elle-même, la piraterie maritime, qui semblait pourtant avoir quasiment disparu à la fin du xixe siècle, est aujourd'hui en forte recrudescence. Les pirates sont souvent confondus, à tort, avec les corsaires des imagiers populaires, ces corsaires qui attaquaient, au sabre et au canon, les navires de commerce en mer des Caraïbes. Les temps ont bien changé. De nos jours, l'épée a été abandonnée pour le fusil-mitrailleur et le voilier pour le canot à moteur hors-bord.

Les victimes, elles aussi, ne sont plus les mêmes. Les cargos modernes sont bien trop imposants pour ces petites unités, qui ne disposent pas de l'équipement nécessaire à l'abordage de ces bâtiments. Les pirates délaissent ainsi les marchandises pour s'attaquer aux personnes. La rançon est devenue la règle d'or de la piraterie.

Nous avons tous encore en mémoire l'attaque du voilier français le Ponant. Au mois d'avril 2008, ce trois-mâts de luxe, revenant d'une croisière aux Seychelles, a été pris d'assaut par une douzaine de pirates somaliens. Cet épisode s'est heureusement déroulé sans dommage pour les trente membres d'équipage et les passagers détenus à bord.

Dorénavant, les pirates prennent en otage et rançonnent. Ils s'attaquent prioritairement aux ressortissants de pays étrangers censés pouvoir payer une somme importante en échange de leur liberté.

Outre les dommages causés aux victimes, la piraterie a un coût non négligeable non seulement pour les armateurs, mais aussi pour les États. Se déroulant dans les eaux internationales, les missions de sauvetage nécessitent à l'évidence une logistique onéreuse. L'exemple du Ponant est assez éclairant à cet égard, puisque l'opération a mobilisé une frégate, un porte-hélicoptères, un C-160 Transall, un avion de reconnaissance et trois hélicoptères ! En outre, les commandos navals ont été requis pour délivrer l'équipage et appréhender les pirates au large des côtes somaliennes.

La piraterie ne cesse de croître. Elle touche principalement, mais non exclusivement, trois régions du monde bien identifiées : le détroit de Malacca, le golfe de Guinée et le golfe d'Aden, véritables lieux de prédilection des pirates. Ce mouvement semble s'accélérer, puisque le Bureau maritime international a constaté une augmentation des attaques de 160 % entre 2008 et 2009.

Mais je vois que je risque de dépasser le temps qui m'a été imparti. Pour ne pas encourir l'ire de notre président de séance, vous me permettrez, mes chers collègues, de raccourcir quelque peu mon intervention, la plupart des orateurs qui m'ont précédé à cette tribune ayant d'ailleurs rappelé l'essentiel.

Notre groupe, comme l'a indiqué mon collègue Yvon Collin, votera ce texte. Toutefois, il soutiendra l'amendement déposé par le groupe socialiste visant à prévoir une durée maximale de trente-deux jours pour la rétention à bord des personnes appréhendées dans le cadre de la répression de la piraterie.

M. le président. Je vous remercie de votre concision, mon cher collègue.

Personne ne demande plus la parole dans la discussion générale ?...

La discussion générale est close.

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