Accueil » Accès par thème » Affaires étrangères et coopération » Proposition de résolution relative à l’institution d’une journée de l’Amérique latine et des Caraïbes en France

Affaires étrangères et coopération<<< Revenir à la liste


Proposition de résolution relative à l’institution d’une journée de l’Amérique latine et des Caraïbes en France

François FORTASSIN

M. le président. La parole est à M. François Fortassin.

M. François Fortassin. Monsieur le président, madame la ministre d'État, mes chers collègues, nous vivons un temps très fort et une grande émotion m'étreint au moment de m'exprimer à cette tribune, sous le regard bienveillant et attentif d'une importante délégation diplomatique des différents pays d'Amérique latine.

L'Amérique latine, c'est avant tout des rêves d'enfants et d'adolescents. Qui ne se souvient des pauvres habitants des Alpes du Sud, du Queyras ou de Barcelonnette, partis à la conquête de Mexico. Ils y ont créé un bazar devenu célèbre ? Puis, fortune faite, certains sont rentrés aux pays. Les migrants du Queyras sont certes ceux qui symbolisent le mieux les rêves que j'évoquais, mais ils furent nombreux à les suivre, partis de toutes les campagnes françaises. (M. Jean-Pierre Bel fait un signe d'assentiment.)

Je tiens à saluer l'initiative de notre collègue Jean-Marc Pastor, que je sais très attaché à l'Amérique latine, comme le sont d'ailleurs tous les signataires de cette proposition de résolution. Fort de ses nombreux voyages, il a su saisir tout l'intérêt d'une relation forte avec ces pays.

Ceux qui, comme moi, pratiquent modestement le castillan – c'est une langue que j'adore – ne peuvent qu'être attirés par la musique latino-américaine et, plus généralement, par tout ce qui a trait à cette partie du monde.

En Amérique latine, on se sent chez soi, proche de tous les habitants. J'ai eu chance de me rendre dans sept ou huit pays de cette région et, chaque fois, j'ai ressenti la chaleur des populations. Même les gens les plus pauvres sont heureux de vous offrir l'hospitalité et ils étaient même honorés que des Français s'intéressent à leur pays.

Il est vrai que nos relations ont toujours été très étroites. Jean-Marc Pastor a évoqué Bolivar, qui a beaucoup aimé la France, qui s'est inspiré du siècle des Lumières et qui, on le sait moins, a assisté au sacre de Napoléon Ier. Beaucoup plus qu'un libérateur, Bolivar était un libertador, c'est-à-dire celui qui brise les chaînes de l'oppression, qui suscite un profond mouvement d'espoir et d'espérance. Au plus profond des difficultés, ces peuples n'ont jamais perdu l'espoir de la liberté incarnée par la France, patrie des droits de l'homme, pour toute l'Amérique latine. C'est l'une des raisons pour lesquelles nous avons des devoirs envers ces pays.

Bien que tous ces pays parlent l'espagnol, le portugais au Brésil, il existe une importante population francophile, notamment en Uruguay, petit pays où, voilà encore quelques années, on parlait français dans la rue. Deux poètes français, Isidore Ducasse et Jules Laforgue, deux poètes chers aux cœurs des Tarbais, y jouissent d'une renommée extraordinaire.

M. Jacques Blanc. Très bien !

M. François Fortassin. Ils sont aussi connus là bas que Victor Hugo chez nous.

L'Amérique latine a fait un pas immense en direction de la démocratie, car n'oublions pas que, voilà encore quelques dizaines d'années, de nombreux pays vivaient sous un régime d'oppression. Bien souvent, les transitions se firent de façon naturelle, tant les leaders des différents mouvements étaient guidés par le sentiment profond que le développement ne s'enracine que dans la démocratie. Sans doute est-ce la raison pour laquelle la plupart de ces pays, en dépit des difficultés, connaissent un essor économique incontestable.

L'Amérique latine est riche de la générosité de sa population et de sa culture, riche aussi de l'immensité de ses territoires et de son sous-sol. D'un point de vue géopolitique, nous incontestablement un rôle à jouer si nous ne voulons pas laisser ces pays à la merci de leur grand voisin américain qui, j'ose le dire, n'ont rien compris à l'Amérique latine. C'est sans doute une des raisons pour laquelle la France y est aujourd'hui aussi appréciée.

Mes chers collègues, vous l'aurez compris, je voterai bien entendu avec enthousiasme cette proposition de résolution. (Applaudissements sur l'ensemble des travées, ainsi que dans la tribune présidentielle.)

<<< Revenir à la liste