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Question d'actualité au gouvernement concernant la situation en Iran

Jean-Pierre PLANCADE

M. le président. La parole est à M. Jean-Pierre Plancade.
M. Jean-Pierre Plancade. Ma question s'adresse à M. le
ministre des affaires étrangères et européennes.
Cette question vient renforcer celle de mon excellent
collègue : elle porte elle aussi sur la situation politique en
Iran, qui ne cesse de se dégrader depuis l’élection du
12 juin. Je tiens à la formuler en d’autres termes, même si
je partage l’essentiel de ce qu’a dit Rémy Pointereau.
L’Iran est un enjeu international majeur. Les membres du
RDSE sont puissamment interpellés par les allégations,
émanant de sources différentes et concordantes, de fraudes
qui auraient entaché cette élection.
Arrestations d’opposants, de journalistes, censure de l’information,
restriction de la liberté de communication, graves
violences à l’encontre des manifestants, qui se sont soldées
par de nombreuses victimes : nous condamnons fermement
ces atteintes aux droits de l’homme dont le régime iranien se
rend coupable.
Nous saluons le courage des manifestants qui, au péril de
leur vie, bravent l’interdiction de se rassembler et continuent
de lutter pour défendre leurs convictions, leur vision d’une
société différente et de la démocratie. (Applaudissements sur les
travées de l’UMP.) Il fallait le dire !
M. Yvon Collin. Très bien !
M. Jean-Pierre Plancade. Vous comprendrez aussi,
monsieur le ministre, que notre inquiétude soit accrue par
la position géopolitique qu’occupe l’Iran dans la région :
compte tenu de ses liens avec le Hamas palestinien, le
Hezbollah libanais, la Syrie, le fort soupçon de possession
de l’arme nucléaire qui pèse sur ce pays, sans parler des
déclarations en permanence agressive de son Président, et
les inquiétudes qu’elles génèrent non seulement pour l’état
d’Israël, mais aussi pour le monde arabe voisin, une crise
politique durable en Iran pourrait potentiellement être un
facteur de déstabilisation pour la zone proche-orientale et,
plus largement, pour les relations internationales. Sans
compter qu’à nos yeux – bien que nous respections la souveraineté
de l’Iran – il existe une contradiction manifeste entre
l’ambition qu’affiche ce pays d’être l’une des grandes
puissances régionales au Moyen-Orient et le non-respect
des droits de l’homme et du droit international.
M. Yvon Collin. C’est vrai !
M. Jean-Pierre Plancade. Face à cette situation, la communauté
internationale a, par la voix du secrétaire général des
Nations unies, condamné les violences en Iran et appelé au
respect des droits civiques dans ce pays.
Plusieurs États, ainsi que l’Union européenne, ont aussi
individuellement condamné cette répression. La France a
elle-même, à plusieurs reprises, exprimé sa vive préoccupation,
et appelé à la libération immédiate des opposants arrêtés.
Monsieur le ministre, vous venez de faire le point, mais
pourriez-vous nous indiquer, d’une part, la position que
compte défendre la France lors de la réunion à cinq qui
doit avoir lieu demain à Trieste, en marge du G8, et au
cours de laquelle la situation en Iran sera évoquée, et,
d’autre part, ce que la France pense de la proposition
suédoise de réfléchir à un dispositif d’accueil, d’aide et d’assistance
dans les ambassades européennes à Téhéran ? (Applaudissements
sur les travées du RDSE.)
M. Yvon Collin. Très bien !
M. le président. La parole est à M. le ministre.
M. Bernard Kouchner, ministre des affaires étrangères et
européennes
. Monsieur le sénateur, la France respectera la
tradition d’asile, comme, probablement, toutes les ambassades
occidentales. Pour l’heure, le cas ne s’est pas présenté, et ce
pour une raison assez simple : le dispositif policier en place
autour de l’ambassade de France, comme autour de toutes les
ambassades, est pratiquement hermétique.
Lors du sommet du G8, ce soir, nous devrons produire un
texte ferme. Il est à l’étude, il est discuté : il n’y a pas que des
partisans d’une condamnation de l’Iran.
J’ajoute à la liste déjà impressionnante des exactions que
vous avez mentionnées qu’aujourd’hui devait être une journée
de deuil, ce à la demande de l’un des candidats à l’élection
présidentielle, M. Karoubi. Mais les autorités ont suffisamment
influencé celui-ci pour qu’il y renonce.
Il faut savoir qu’au sommet du clergé chiite, c’est-à-dire au
sommet de la hiérarchie de cet État, des voix, et non des
moindres, se font fait entendre pour dénoncer ces pratiques ;
elles ont mis en garde contre l’isolement de l’Iran et souligné
que les sanctions pesaient surtout sur les couches moyennes et
défavorisées.
L’Union européenne, les Etats-Unis et d’autres pays ont la
même analyse : le mouvement de protestation sera profond et
prolongé.
Nous devons donc être attentifs, sans provocations. Cellesci
viennent toujours du même côté, c’est-à-dire de l’Iran ! J’en
veux pour preuve les déclarations insupportables qu’a faites
aujourd’hui encore Mahmoud Ahmadinejad.
Je crains que n’interviennent d’autres expulsions de diplomates.
Nous ne devrons pas rester cois. (Applaudissements sur
les travées de l’UMP.)


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