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Débat sur le thème : « Menaces que les théories du wokisme font peser sur l'université, l'enseignement supérieur et les libertés académiques »

M. Bernard Fialaire. Madame la présidente, madame la secrétaire d'État, mes chers collègues, de quoi le wokisme est-il le nom ? Pourquoi nous faut-il être vigilants envers cette théorie de la vigilance ? Que se cache-t-il derrière ce terme qui nous vient d'Amérique ?

Il a le goût de la revendication des Noirs américains, l'odeur de la révolte des descendants d'esclaves, mais il ne semble en être qu'une indigeste mixture, une usurpation indigne et intolérante.

En France, nous ouvrons les maisons des adolescents pour des jeunes jusqu'à 25 ans. Rien d'étonnant à ce que nos universités recueillent également les contestations nécessaires aux remises en question de l'adolescence !

Mais au-delà de l'indignation, érigée en vertu suprême, et du « Ni pour, ni contre, bien au contraire ! » de Coluche, s'insinue parfois, voire s'impose, une intolérance envers tous et envers tout.

Voltaire se serait battu pour le droit de s'exprimer de ceux qui ne pensent pas comme lui. Aujourd'hui, les adeptes du wokisme peuvent partager des idées, mais se battre contre ceux qui les exprimeraient sans leur légitimité. Barack Obama ne serait qu'un blanc à la peau noire et certains homosexuels des hétérosexuels en couple avec des personnes du même sexe qu'eux...

Cette cancel culture, comme il faut l'appeler, serait risible, si elle ne poussait pas l'intransigeance jusqu'à l'intolérance.

On déboulonne des statues en dehors de toute contextualisation historique. Cette déconstruction, qui nous revient d'Amérique après l'exportation bien mal traduite de Derrida, tend à éteindre nos Lumières.

Le disciple d'Alain que je m'efforce d'être ne rendra pas « mépris pour mépris ». Alain continuait en disant : « Et pourquoi ? C'est que, au fond du radical qui obéit toujours, il y a un esprit radical qui n'obéit jamais, qui ne veut point croire, qui examine et qui trouve dans cette farouche liberté quelque chose qui nourrit l'immense amitié humaine : l'égalité. L'esprit d'égalité, c'est d'un côté la résistance, le refus d'acclamer, le jugement froid ; de l'autre, c'est la confiance en l'homme, l'espoir dans une instruction et une culture égales pour tous. » (Très bien ! sur les travées du groupe SER.)

Comment tolérer l'intolérance de ceux qui interdisent à une universitaire de faire une conférence dans une université, parce qu'elle exprime des idées différentes ?

Le wokisme s'oppose à l'universalisme, en refusant le débat, les échanges, le brassage des idées d'où jailliraient des concepts, une pensée supérieure.

Le wokisme, sous couvert de vigilance accrue à toute forme de discrimination, se révèle être une idéologie dogmatique prônant le communautarisme et la culture du bannissement et du politiquement correct ; il pourrait porter atteinte à l'unité républicaine.

À trop avoir privilégié l'excitation de l'esprit critique, certes nécessaire, mais qui doit s'exercer dans le cadre de l'affirmation de nos valeurs de liberté, d'égalité et de fraternité, qui sont essentielles et que nous avons établies au fil de notre histoire et des progrès de la science, nous laissons notre jeunesse dépourvue de repères entre lesquels – ou contre lesquels ! – se construire et se perdant hors des limites que nous n'avons pas su tracer.

Ayons le courage de défendre nos valeurs plutôt que de laisser des imposteurs en redessiner les contours et réécrire l'histoire, comme cette campagne présidentielle débutante nous en apporte de tristes exemples. (Applaudissements sur les travées du groupe RDSE – MM. Gérard Longuet et Daniel Gueret applaudissent également.)

Mme la présidente. La parole est à Mme la secrétaire d'État.

Mme Sarah El Haïry, secrétaire d'État auprès du ministre de l'éducation nationale, de la jeunesse et des sports, chargée de la jeunesse et de l'engagement. Monsieur le sénateur Fialaire, vous avez fait un plaidoyer en faveur de l'unité républicaine et vous avez clairement montré que le débat que nous avons aujourd'hui dépasse les portes de l'université – il concerne effectivement l'ensemble de notre société.

Au-delà de la question de la recherche et de l'enseignement s'opposent en fait deux visions de la société et je vous remercie, monsieur le sénateur, pour votre beau plaidoyer en faveur de l'esprit critique et de la défense, sans angélisme, de toutes les expressions. Nous ne devons pas imposer une pensée par rapport aux autres et nous devons conserver cet héritage issu d'esprits éclairés, d'illustres citoyens.

Mme la présidente. La parole est à M. Bernard Fialaire, pour la réplique.

M. Bernard Fialaire. Notre société a besoin d'autorité et de compétence pour réhabiliter la science et éviter les dérives que nous constatons de nos jours. Comment comprendre que des gens portent une étoile jaune au prétexte qu'on leur propose un vaccin gratuit ?

Nous attendons de l'autorité de la part de l'État, mais aussi de la part des universitaires afin de fixer des repères suffisamment structurants pour notre jeunesse.

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