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Proposition de loi visant à maintenir le versement de l'allocation de soutien familial en cas de nouvelle relation amoureuse du parent bénéficiaire

Mme Maryse Carrère. Madame la présidente, monsieur le secrétaire d'État, mes chers collègues, faut-il maintenir le versement de l'allocation de soutien familial en cas de nouvelle relation amoureuse du parent bénéficiaire ? Voilà la question qui nous est posée aujourd'hui.

Je tiens à remercier nos collègues du groupe socialiste pour cette proposition de loi qui nous permet d'évoquer ces familles monoparentales, dont on ne parle que trop peu.

En effet, à une situation familiale souvent difficile s'ajoute une situation financière délicate, avec, dans 82 % des cas, une mère souvent contrainte à une activité partielle, donc précaire, et avec des revenus faibles.

Par ses conditions d'octroi, l'allocation de soutien familial est une aide importante et souvent primordiale pour les plus de 800 000 familles concernées. Le débat sur son individualisation mérite d'être soulevé tant les difficultés que cette allocation peut poser sont réelles.

La perte de revenu à la suite du retour à une vie de couple concernerait 24 000 parents. Je partage complètement les propos de la rapporteure lorsqu'elle indique que cela peut constituer un frein à une remise en couple : le manque à gagner est parfois trop important pour ces familles, qui appartiennent en grande majorité aux déciles les plus faibles.

Rien n'indique dans les faits que les nouveaux conjoints participent à la vie, à l'éducation et à l'assistance financière de l'enfant. Le non-maintien de l'ASF lors d'un retour à une vie de couple peut même aggraver la vulnérabilité de ces familles, qui risquent d'entrer dans une relation de dépendance vis-à-vis du nouveau conjoint.

Plus globalement, ces débats ne sont pas si éloignés de ceux que nous avons pu avoir voilà quelques semaines autour de l'allocation aux adultes handicapés (AAH).

Dans les deux situations, un seul et même objectif doit nous guider : permettre l'indépendance face à une difficulté de la vie et faire en sorte qu'aucune considération financière ne puisse influencer des choix de vie. S'y ajoute, dans le cas de l'ASF, la question de l'intérêt supérieur de l'enfant.

Aussi, cette suspension du versement de l'allocation de soutien familial en cas de retour à une vie de couple pour l'un des parents est d'autant plus incompréhensible qu'il n'existe pas de condition d'isolement pour le versement de la pension alimentaire. Comment expliquer cette différence entre deux types de familles monoparentales ?

Au-delà de l'incompréhension, ce statu quo vient nourrir la fraude. À ce titre je regrette que la majorité sénatoriale ne donne pas davantage d'écho à cette proposition de loi.

Si la réforme des politiques sociales est nécessairement continue, je souhaite que l'élection présidentielle vienne remettre dans le débat des sujets tels que celui de l'allocation aux adultes handicapés ou encore celui du non-recours aux aides sociales ; près de 10 milliards d'euros supplémentaires pourraient ainsi être mobilisés chaque année.

Si je suis favorable à cette proposition de loi, certains d'entre nous, plus partagés, souhaitent une remise à plat de cette allocation et des objectifs qui lui sont affectés ou encore une réforme plus globale de nos politiques sociales.

Vous l'aurez compris, dans leur grande majorité, les membres du groupe RDSE voteront cette proposition de loi. (Applaudissements sur les travées du groupe SER.)

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