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Question d'actualité sur la fermeture des urgences

Question de Jean-Yves Roux 

M. le président. La parole est à M. Jean-Yves Roux, pour le groupe du Rassemblement Démocratique et Social Européen. (Applaudissements sur les travées du groupe du Rassemblement Démocratique et Social Européen.)

M. Jean-Yves Roux. Ma question s'adresse à Mme la ministre des solidarités et de la santé.

 

L'été est terminé et le bulletin de santé des services d'urgence est très inquiétant. Les faits sont là, abrupts. Dans nos départements, les plus ruraux en tête, ce sont des organes vitaux et structurants des territoires qui lâchent les uns après les autres.

Dans les Alpes-de-Haute-Provence, mais la situation est similaire aux quatre coins de la France et des territoires d'outre-mer, l'organe vital des urgences de Sisteron est touché de plein fouet. Les urgences de nuit ont été suspendues cet été et n'ont pas rouvert depuis. Trois postes et demi manquent à l'appel. L'organe vital des urgences de Digne-les-Bains vient d'être touché à son tour. L'hôpital, qui assure 20 000 urgences par an, alors qu'un tel service est viable avec 12 000 patients, s'apprête à perdre quatre postes. Mêmes maux, mêmes constats pour l'organe des urgences de Manosque. Mes chers collègues, vous connaissez tous la chanson !

Or les médicaments et pratiques réanimatoires mobilisés ne produisent pas les effets escomptés. Je pense au recours massif aux sapeurs-pompiers et à la mutualisation des SAMU. Chacun sait, ici sur ces travées, que ce ne sont pas des solutions durables, humainement, écologiquement et financièrement.

Alors oui, des recrutements sont prévus, mais les candidats ne se bousculent pas. Car comment les hôpitaux peuvent-ils rivaliser avec des structures privées qui s'arrêtent la nuit et sélectionnent les pathologies ? Comment rivaliser quand les services de biologie ou les plateaux techniques ne sont pas sur place ? Comment rivaliser avec des salaires faramineux en intérim de plus de 1 200 euros par jour qui flattent les comportements mercenaires ?

Des mesures structurelles ont été prises. Mais, comme toute mesure structurelle, cela prendra du temps. Or du temps, nous n'en avons pas, parce qu'il s'agit de la vie et de la santé de nos administrés, mais aussi de la survie de nos territoires.

Nous sommes tous des élus engagés au quotidien pour notre développement local, le numérique, les formations, le désenclavement, la lutte contre le réchauffement climatique. Comment pourrions-nous accepter que tout notre travail soit balayé d'un trait faute de médecins dans nos services d'urgence ?

Madame la ministre, ma question est une proposition, car chaque territoire porte en lui ses solutions : quand organiserez-vous des Grenelles des urgences dans tous les départements ? Dans les Alpes-de-Haute-Provence, nous y sommes prêts maintenant ! (Applaudissements sur les travées du groupe du Rassemblement Démocratique et Social Européen, ainsi que sur des travées du groupe Les Indépendants – République et Territoires.)

M. le président. La parole est à Mme la secrétaire d'État auprès de la ministre des solidarités et de la santé.

Mme Christelle Dubos, secrétaire d'État auprès de la ministre des solidarités et de la santé. Monsieur le sénateur, j'entends votre question et j'en ferai part à Mme Buzyn, qui ne peut malheureusement pas être parmi nous cet après-midi. Mme la ministre s'est attaquée à ce sujet de préoccupation que sont les urgences dès son arrivée au ministère des solidarités et de la santé, notamment en traduisant dans la loi les orientations de « Ma santé 2022 » afin d'apporter des réponses non pas, dirais-je, aux symptômes, mais sur le long terme.

Pour ces réponses de long terme, comme je viens de le présenter avec la refonte des urgences, il s'agit non plus de regarder en arrière, mais de construire l'avenir de notre nouveau système, de trouver ensemble, avec les professionnels, les collectivités, les élus, des solutions de fond durables et innovantes.

Les urgences ne peuvent plus être la porte d'entrée du système de santé tout entier. Nous pouvons et nous devons passer à l'action pour apporter aux Français une alternative concrète et attractive au « tout-urgences ».

Nous devons créer, Mme la ministre l'a rappelé, le grand service d'accès aux soins qui manque à notre système de santé. Nous devons changer les modes de financement, aller plus loin et plus vite sur la reconnaissance et la valorisation de toutes les compétences des soignants, mais aussi mieux protéger celles et ceux qui nous soignent au quotidien.

Trouver les lits d'aval ne doit plus être un casse-tête ; nous devons le garantir et regarder les besoins en face dans chaque territoire. Il n'y a aucune consigne au niveau national de fermeture des lits. Au contraire, nous devrons en ouvrir là où les besoins sont nécessaires et, surtout, en aval des urgences.

La ministre a décidé de consacrer 750 millions d'euros au pacte de refondation des urgences, auxquels 70 millions d'euros ont été ajoutés avant l'été pour répondre au caractère d'urgence lié à la période estivale. Près de 1 milliard d'euros ont ainsi été engagés sur cette période pour trouver ensemble la réponse à ce problème de santé. Avec ces moyens, c'est tout le système Ma santé 2022 que nous complétons et que nous accélérons. (Applaudissements sur des travées du groupe La République En Marche.)

 

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