By Sandra on lundi 22 juillet 2019
Category: TRAVAIL PARLEMENTAIRE

Projet de loi relatif à l'énergie et au climat

Intervention de Ronan Dantec sur l'article 8

M. le président. La parole est à M. Ronan Dantec, sur l'article.

M. Ronan Dantec. Un tel sujet mériterait un débat beaucoup plus approfondi que celui-ci ; sur ce point, je rejoins Jean-François Husson.

Cela n'a peut-être pas été suffisamment souligné : le prix de l'Arenh est totalement sous-évalué. Nous avions créé voilà quelques années une commission d'enquête sur le prix de l'électricité. Il était ressorti de ses travaux que le coût réel de l'électricité d'origine nucléaire s'établissait plutôt à 70 euros le mégawattheure, en prenant en compte les taux d'actualisation pertinents, les coûts du retraitement du combustible et du démantèlement des réacteurs. Il est clair que le contribuable français paie aujourd'hui, à côté du consommateur, une partie de la facture.

Il faut donc mettre sur la table la question de la remontée du prix de l'Arenh à la hauteur du coût réel de production. Elle devient extrêmement complexe quand on considère que le dernier appel d'offres pour l'éolien offshore est sorti à 45 euros le mégawattheure, soit un prix très proche de celui de l'Arenh tel qu'il est calculé actuellement. Cela montre que l'électricité d'origine nucléaire pourrait demain être trop chère pour être vendable. Je veux souligner l'une des grandes faiblesses des scénarios retenus par EDF : le prix de gros de l'électricité peut s'effondrer à l'échelle européenne, avec toutes les conséquences que cela impliquerait pour les exportations et les recettes d'EDF.

Pour ma part, je trouve qu'il y a tellement de questions sur la table qu'il faut absolument que l'on ait un débat structuré afin de déterminer le meilleur choix, y compris pour maintenir un prix de l'électricité à peu près stable. En effet, un effondrement dans une logique de surproduction européenne est aussi une possibilité, et cela représente une autre menace pour l'avenir d'EDF.