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Débat sur les conclusions du rapport d'information : "adapter la France aux dérèglements climatiques à l'horizon 2050 : urgence déclarée"

M. le président. La parole est à M. Éric Gold.

M. Éric Gold. Le rapport de nos collègues Jean-Yves Roux et Ronan Dantec apporte un éclairage précis sur les conséquences des dérèglements climatiques auxquels notre pays devra faire face dans les prochaines décennies.

Parmi ces dérèglements figure la survenue de vagues de chaleur plus fréquentes, plus longues et plus sévères.

Nous en avons vécu deux successives cet été, qui ont aggravé une situation de sécheresse déjà bien présente depuis l'an dernier. Nos agriculteurs peuvent malheureusement en témoigner. Le rapport confirme ce que nous craignons tous : une augmentation de l'intensité, mais aussi de la durée, de la sécheresse des sols, qui passerait de deux mois actuellement, soit de mi-juillet à mi-septembre, à quatre mois d'ici à 2050, c'est-à-dire de mi-juin à mi-octobre. Et je parle ici de moyennes, puisque des restrictions d'eau sont encore imposées aujourd'hui dans bon nombre de départements.

Le 21 août, le ministère de l'agriculture a autorisé l'exploitation des terres en jachère pour nourrir les bêtes, en raison de niveaux de stocks de fourrage particulièrement bas. Aujourd'hui, au-delà de ces mesures d'urgence, il est indispensable de penser et de mettre en œuvre des solutions à long terme pour garantir la survie de l'agriculture française, qui est un modèle pour de nombreux pays.

Parmi les idées qui émergent figurent les retenues d'eau, ou retenues collinaires. Ces structures sont destinées à recueillir l'eau de pluie et de ruissellement, notamment en automne et en hiver, pour la restituer à l'agriculture lorsque la pluie se fait plus rare. Une soixantaine de retenues devraient être autorisées par le ministère d'ici à 2022.

Ma question est donc double : pensez-vous que le stockage de l'eau soit la solution appropriée à encourager ? Plus largement, pensez-vous qu'en raison du changement climatique profond que nous vivons, il faudra, dans certaines régions, envisager une évolution globale des pratiques agricoles ?

M. Jean-Claude Requier. Très bien !

M. le président. La parole est à Mme la ministre.

Mme Élisabeth Borne, ministre de la transition écologique et solidaire. Vous avez raison de souligner que l'agriculture est un des secteurs particulièrement exposés au dérèglement climatique et aux modifications hydrologiques qui l'accompagnent. Je pense qu'il est important, et même essentiel, de réduire la vulnérabilité de l'agriculture à un risque accru de manque d'eau dans ce contexte. Vous le savez, le Gouvernement porte une attention particulière à la gestion durable de la ressource en eau. C'est tout le sens des travaux menés dans le cadre des Assises de l'eau, qui ont permis de donner les grandes orientations sur les politiques publiques relatives à la gestion de la ressource.

Le Gouvernement veillera à ce que l'instruction de mai 2019, publiée conjointement par mon ministère et le ministère de l'agriculture, soit suivie d'effets sur l'ensemble de ces points, plus particulièrement sur le volet relatif à la recherche d'économies d'eau et d'adaptation des cultures. Les services de l'État sont mobilisés pour accompagner les territoires dans l'élaboration de projets de territoire pour la gestion de l'eau, les PTGE.

Il est indispensable que toutes les solutions soient considérées. La recherche de sobriété et d'optimisation de l'utilisation de l'eau passe notamment par des réflexions sur des variétés mieux adaptées aux territoires, les solutions de stockage ou de transfert, et donc sur la transition agro-écologique, qui est porteuse de solutions pour une meilleure résilience de l'agriculture face aux changements climatiques.

Sur votre question très précise des retenues collinaires, je dirai que, d'une manière générale, le stockage artificiel de l'eau est une solution possible, parmi d'autres, pour répondre au problème du décalage dans le temps entre la disponibilité de l'eau et les besoins des cultures. Parmi les stockages artificiels, les retenues collinaires sont souvent préférables à des barrages en cours d'eau, un tel dispositif ayant, dans la plupart des cas, moins d'impact. Cependant, il ne faut pas oublier que cela a aussi un effet non négligeable sur le cycle de l'eau. Aussi, avant d'examiner ces solutions de stockage, il faut donc, au préalable, examiner toutes les solutions de sobriété.

M. le président. La parole est à M. Éric Gold, pour la réplique.

M. Éric Gold. J'étais hier au Sommet de l'élevage, à Clermont-Ferrand, avec le ministre de l'agriculture, et je voudrais insister sur la détresse actuelle des agriculteurs, qui ont besoin d'une politique claire, notamment en matière de stockage de l'eau et d'irrigation potentielle. Hier, j'ai ressenti une grande frustration de leur part, et je voulais ici m'en faire le porte-parole.

M. Bruno Sido. Très bien !

 

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