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Débat sur le risque de blackout énergétique

Mme la présidente. Dans la suite du débat interactif, la parole est à M. Jean-Claude Requier.

 

M. Jean-Claude Requier. La crise sanitaire a entraîné des retards dans la maintenance des réacteurs nucléaires et donc une moindre disponibilité du parc. Bien que planifiés, la fermeture de Fessenheim en 2020 – qui produisait 1 800 mégawatts – et les arrêts de centrales au fioul et au charbon participeront aux tensions de l'offre. En vérité, la centrale de Fessenheim nous manque !

Si le risque de blackout est maîtrisé cet hiver, il ne peut être écarté à l'avenir, et je remercie les initiateurs de ce débat d'avoir inscrit ce sujet à l'ordre du jour.

Il est impératif d'anticiper et d'accroître les marges de manœuvre, car il n'est pas acceptable de se satisfaire des capacités d'effacement et de coupures d'électricité, aussi courtes soient-elles, comme cela pourrait être le cas au cours du prochain mois.

Au-delà de la nécessaire maîtrise de la demande par des gains d'efficacité énergétique, il convient de garantir la stabilité du système électrique.

Le développement des capacités de stockage doit s'accélérer, afin d'accompagner les efforts de stabilisation des réseaux. À ce titre, le recours à l'hydrogène constitue un levier de flexibilité pour assurer la sécurité de l'approvisionnement en énergie, ainsi qu'une meilleure intégration des énergies renouvelables. Pour rappel, ces dernières devraient représenter 40 % du mix électrique français en 2030.

La stratégie nationale pour le développement de l'hydrogène, ambitieuse sur le plan financier, avec les 7 milliards d'euros qui lui seront consacrés, évoque timidement le stockage de l'énergie. Plus que celle de la France, les stratégies américaine et britannique accordent une importance particulière à la résilience des réseaux énergétiques à travers le stockage souterrain de l'hydrogène.

Dès lors, comment le Gouvernement entend-il accélérer le développement du stockage massif de l'hydrogène afin d'accompagner la transition énergétique et de préserver la sécurité de l'approvisionnement de notre pays ?

Mme la présidente. La parole est à Mme la secrétaire d'État.

Mme Bérangère Abba, secrétaire d'État auprès de la ministre de la transition écologique, chargée de la biodiversité. Monsieur le sénateur Requier, à court terme, les analyses de RTE n'indiquent pas un besoin de recours à l'hydrogène pour faire face aux pointes de consommation. Les sources actuelles de flexibilité sont suffisantes à l'horizon de 2030-2035. Pour autant, l'objectif prioritaire du développement de l'hydrogène est la décarbonation des usages afin de pouvoir l'utiliser directement, notamment dans l'industrie et la mobilité lourde, de manière complémentaire aux solutions entièrement électriques.

À ce titre, la stratégie hydrogène française, annoncée en septembre dernier par le Gouvernement, fixe un objectif de 6,5 gigawatts d'électrolyse à l'horizon de 2030. Nous nous donnons ainsi la possibilité de massifier la production et l'utilisation d'hydrogène, avec une enveloppe de 7 milliards d'euros jusqu'à 2030, dont 2 milliards d'euros inscrits dans le plan de relance. Nous consacrons donc des moyens importants au développement de l'hydrogène.

Au-delà de 2035, indépendamment du mix électrique choisi, les études montrent un besoin de stockage accru. L'hydrogène pourra alors offrir une solution des plus intéressantes. Plusieurs études prospectives de long terme sont en cours et permettront de quantifier ce besoin et, plus largement, de documenter les enjeux et les leviers de notre futur système électrique, notamment le bilan prévisionnel 2050 de RTE, lequel doit être publié à la mi-2021.

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