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Débat interactif sur les mesures de santé publique prises face aux risques d'une épidémie de coronavirus Covid-19 en France

M. le président. La parole est à M. Joël Labbé.

M. Joël Labbé. Monsieur le ministre, mes chers collègues, je voudrais tout d'abord vous saluer, car c'est la première fois que je m'adresse à vous officiellement, dans des circonstances loin d'être les meilleures… Cela dit, nous aurons d'autres occasions de discussions une fois que la crise sera passée, notamment sur la question des plantes médicinales et de leurs produits dérivés. (Ah ! et sourires sur les travées du groupe Les Républicains.)

Monsieur le ministre, je représente le Morbihan, un département particulièrement touché par le coronavirus, avec à ce jour 17 malades, dont un est décédé – cinq autres cas viennent d'être enregistrés selon les toutes dernières informations.

Deux arrêtés préfectoraux pris le lundi 2 mars ont restreint fortement les activités et l'ouverture des lieux publics dans le département jusqu'au 14 mars, en lien avec les mesures sanitaires prises par le Gouvernement : interdiction de tout rassemblement public, fermeture des cinémas, des théâtres, des discothèques, des administrations et, sur la zone du cluster, des établissements scolaires, des marchés et des piscines, etc.

Tout d'abord, si ces mesures visent à contenir au maximum l'épidémie – on ne peut que s'en réjouir –, nous sommes confrontés à un certain nombre d'incompréhensions légitimes de la part de nos concitoyens. Pourquoi fermer un marché, alors que le centre commercial bondé est ouvert ? Pourquoi les boîtes de nuit sont-elles fermées, mais pas les bars de nuit ? Pourquoi la piscine de Vannes est-elle ouverte, mais pas celle de Lorient ?

Je n'entrerai pas dans le détail, mais force est de constater que, si l'on essaie de prendre les mesures qui conviennent, elles ne sont pas toujours acceptées ou comprises par la population. Nous assistons même à des mouvements de panique, la psychose ayant d'ailleurs provoqué l'engorgement du 15, avec 4 200 appels comptabilisés hier au centre hospitalier de Vannes, soit trois fois plus qu'une journée normale. Cette surcharge a évidemment une incidence sur la prise en charge des vraies situations d'urgence.

Nous nous acheminons sans aucun doute vers le stade 3. Monsieur le ministre, dans ce contexte, quelles mesures compte prendre le Gouvernement pour freiner la propagation du virus, tout en rassurant la population ?

M. le président. La parole est à M. le ministre.

M. Olivier Véran, ministre des solidarités et de la santé. Monsieur le sénateur, je vous remercie de votre question. Le Morbihan fait effectivement partie des départements où la circulation du virus est la plus active, de sorte qu'un certain nombre de mesures de restrictions collectives ou individuelles y ont été prises.

Les mesures nationales, vous les connaissez, puisque je les ai citées tout à l'heure. Elles sont assorties d'une adaptation locale, je l'ai dit aussi, émanant des préfets ou des directeurs généraux des ARS, parfois des recteurs, et visant à contenir des zones qui, sans cela, risqueraient de faciliter la circulation du virus.

Pour autant, je vous rejoins sur le fait que certaines décisions locales paraissent manquer par endroits de clarté. Ce sujet a été abordé ce matin au cours du conseil national de défense auquel j'ai participé, en présence du Président de la République et du Premier ministre. Je peux vous informer qu'une instruction sera adressée dès demain aux autorités des services de l'État dans l'ensemble des territoires, afin de rappeler les doctrines et d'harmoniser les pratiques.

À mes yeux, l'information est la base de la prévention, comme la confiance de nos concitoyens, d'autant que certaines décisions, bien que justes, se révèlent complexes à appréhender et à comprendre. Essayons d'en rester aux décisions qui sont en l'état absolument nécessaires.

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