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Débat sur l'avenir des entreprises assurant les liaisons trans-Manche

 

M. le président. La parole est à M. André Guiol.

M. André Guiol. Monsieur le président, madame la ministre, mes chers collègues, avec plus de 5 000 kilomètres de linéaire côtier métropolitain, la France peut s'enorgueillir de posséder l'une des plus grandes façades maritimes d'Europe. Pourtant, le trafic de nos principaux ports se place loin derrière celui de nos voisins. L'activité du Havre, premier port à conteneurs français, ne représente que le quart, voire le cinquième de celle de ports comme Rotterdam, Anvers ou Hambourg. Si l'on considère les données en tonnage de marchandises, les résultats ne sont guère différents.

Pourtant, avec ses 65 millions d'habitants, la France représente la part la plus importante du marché européen après l'Allemagne. Un avantage compétitif ne se bâtit pas en un jour. Cela nécessite des investissements massifs sur le long terme dans les infrastructures et la logistique. Certes, cette différence constatée peut-être aussi en partie liée à la géographie. Toutefois, un tel déséquilibre interroge.

Ma question est donc la suivante, madame la ministre : quelle est la stratégie du Gouvernement pour le développement économique de nos littoraux, en particulier de nos ports ? Alors que nous sommes à un tournant de la mondialisation du fait des évolutions socio-économiques, de la montée des préoccupations environnementales, de la crise sanitaire et du Brexit, vers quel secteur devons-nous concentrer nos efforts ? Il peut s'agir aussi bien du commerce de marchandises, des activités industrielles dans les zones portuaires ou de la politique de pêche que du transport de passagers et du développement touristique.

Mon interrogation découle du sentiment général que notre pays ne tire pas suffisamment parti de tout le potentiel que représente sa façade maritime exceptionnelle. Vous l'aurez compris, ma question ne se limite pas strictement à celle, tout à fait légitime, des liaisons trans-Manche. L'objectif est d'essayer de réfléchir également, à plus long terme, à la façon dont la mer peut s'inscrire dans notre trajectoire de redressement économique.

M. le président. La parole est à Mme la ministre.

Mme Annick Girardin, ministre de la mer. Monsieur le sénateur André Guiol, le ministre chargé des transports Jean-Baptiste Djebbari et moi-même avons récemment présenté notre stratégie maritime à l'horizon 2050, notamment pour les ports.

Vous avez raison de souligner que la crise liée au covid et les désordres qu'elle a engendrés à l'échelon mondial ont renforcé le besoin de fixer un cap clair avec l'ensemble des acteurs portuaires français. Notre ambition est que la France soit le premier port d'Europe en 2030. Nous serons capables d'atteindre cet objectif si nous y consacrons les investissements suffisants et si nous parvenons à créer une dynamique par façade, mais aussi, plus globalement, entre les grands ports et l'ensemble des ports décentralisés.

Cette stratégie repose sur la volonté de créer une dynamique afin d'atteindre des objectifs ambitieux, tels que celui de porter à 80 % la part de marché de fret conteneurisé à destination ou en provenance de la France en 2050.

Au-delà de ces ambitions fortes, il faut que nous parvenions à donner du sens et de la cohérence à l'ensemble de nos actions. Jean-Baptiste Djebbari et moi-même avons ouvert un véritable chantier, et nous allons poursuivre ce travail.

Le ministère de la mer n'est pas seulement chargé des ports, des armateurs et des bateaux, mais bien d'un ensemble unifié. Comment faire en sorte que la France soit demain une vraie puissance maritime ? Le nombre de navires navigants sous pavillon français nous place en vingt-et-unième position au niveau mondial. Comment changer cette situation ? Comment améliorer notre positionnement européen ? Comment répondre au besoin de développement touristique des littoraux ?

Le ministère de la mer est aussi le ministère de la planification, des usages et des usagers. C'est le ministère qui soutient l'ensemble de la dynamique économique et qui œuvre pour que notre pays devienne une vraie puissance.

M. le président. La parole est à M. André Guiol, pour la réplique.

M. André Guiol. Dans le contexte actuel, les cartes sont redistribuées et la France a des atouts. C'est peut-être une opportunité de réfléchir à une vraie stratégie, à l'image de celle que vous avez esquissée, madame la ministre.

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