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Débat sur l'avenir du cinéma français

Dans le débat interactif, la parole est à M. Olivier Léonhardt.


M. Olivier Léonhardt. Sur ce sujet de l'avenir du cinéma français comme sur nombre d'autres, rien ne sera possible sans un partenariat étroit entre l'État et les territoires, rien ne sera efficace sans un travail en confiance avec les acteurs et les élus locaux, qui accompagnent au quotidien les dynamiques d'innovation et de développement économique.
C'est une des leçons qu'il faut tirer du grand débat national. Je me félicite que le Président de la République ait appelé à un nouvel « acte de décentralisation ». Ce nouvel acte de décentralisation, il faut maintenant le traduire le plus rapidement possible dans les faits, car des dynamiques locales particulièrement remarquables sont à l'œuvre et doivent être encouragées et soutenues.
C'est le cas du projet du Backlot 217, situé dans mon département, l'Essonne, sur le site de l'ancienne base aérienne 217, au Plessis-Pâté. C'est un lieu exceptionnel, avec 300 hectares de terrains qui ont d'ores et déjà accueilli des décors extérieurs destinés au tournage de films, notamment L'Empereur de Paris, nominé pour le César 2019 du meilleur décor.
Aujourd'hui, le succès du Backlot 217 est le fruit d'un partenariat actif entre Cœur d'Essonne agglomération et la société TSF Studios, acteur cinématographique majeur en France et en Europe depuis 1979. Cette dernière souhaite désormais investir 14 millions d'euros pour construire 14 000 mètres carrés de plateaux, et 10 hectares de terrains supplémentaires pourraient être proposés afin de réaliser ce projet.
À ce sujet, Serge Siritzky, personnalité reconnue du cinéma et des métiers de l'audiovisuel, disait lui-même, dans un rapport remis au CNC au mois de mars dernier, que l'emplacement et la superficie du Backlot 217 permettraient « d'accueillir un studio de taille répondant aux standards internationaux », à l'instar de ceux que l'on trouve chez nos voisins européens.
Mme la présidente. Il faut conclure, mon cher collègue.
M. Olivier Léonhardt. Dernièrement, les médias se sont également fait l'écho de ce futur « Hollywood à la française ».
Monsieur le ministre, je souhaite poursuivre cette discussion avec vous à l'issue de cette séance, car le sujet est important. Je vous remercie, madame la présidente, de m'avoir accordé quelques secondes supplémentaires. (Applaudissements sur les travées du groupe Les Indépendants – République et Territoires.)
Mme la présidente. La parole est à M. le ministre.
M. Franck Riester, ministre de la culture. Monsieur le sénateur, c'est avec grand plaisir que j'échangerai avec vous sur ce sujet après cette séance.
Vous avez raison, les collectivités territoriales sont des acteurs essentiels de la culture et des politiques culturelles partout sur le territoire. Le rôle de l'État est d'accompagner leurs initiatives.
Vous avez évoqué la décentralisation : l'État, en matière culturelle, va aller plus loin en termes de déconcentration, en donnant davantage de pouvoirs aux DRAC. Il est prêt à envisager, région par région, comme il l'a fait en Bretagne, d'éventuelles délégations de compétence en matière d'industries culturelles, notamment de cinéma.
J'en viens au sujet particulier que vous avez abordé. Grâce à la richesse du cinéma français, à l'ambition que nous avons en matière cinématographique et audiovisuelle et aux outils qui sont à notre disposition, comme le crédit d'impôt, qui permet non seulement d'éviter la délocalisation de tournages de films ou de séries hors de nos frontières, mais aussi d'attirer des tournages venant de l'étranger, nous pouvons mener une politique de développement d'une filière « tournages » sur notre territoire.
Il existe un projet à Nice, avec les studios de la Victorine, un autre à Cannes, un autre encore dans les Hauts-de-France, où le festival Séries Mania permet d'entrevoir des perspectives très intéressantes. En région parisienne, il y a le projet que vous avez évoqué et un autre à Bry-sur-Marne, en lien avec l'Institut national de l'audiovisuel, l'INA.
On le voit, notre pays dispose d'un véritable potentiel pour développer la création audiovisuelle et cinématographique, et créer non seulement des emplois, mais aussi une véritable filière économique, au service de la création et de l'économie de notre pays.

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