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Débat sur le thème : "La France peut-elle devenir un champion de l'énergie hydrogène ?

Mme la présidente. La parole est à M. Christian Bilhac.

M. Christian Bilhac. Madame la présidente, madame la secrétaire d'État, mes chers collègues, la région Occitanie a l'ambition de devenir la première région d'Europe à énergie positive d'ici à 2050.

Pour cette transition énergétique, elle mise sur un volet hydrogène très ambitieux. Pionnière, elle est labellisée Territoire d'hydrogène depuis 2016. Son plan de développement Hydrogène vert destiné à favoriser de nouvelles productions et de nouveaux usages est doté de 150 millions d'euros d'ici à 2030 et pourrait générer jusqu'à un milliard d'investissements.

Déjà, les projets HyDéO, HyPort à l'aéroport de Toulouse-Blagnac ou encore Hyd'Occ à Port-La-Nouvelle sont lancés. L'achat de trois trains hybrides à hydrogène est programmé, ce qui est une grande première. La région prévoit aussi la mise en circulation de 3 250 véhicules à hydrogène d'ici à 2030. À Gignac, dans l'Hérault, une station de distribution va s'installer. À Béziers, grâce aux électrolyseurs développés par le Commissariat à l'énergie atomique, un site produira en 2021 de l'hydrogène vert trois à quatre fois moins cher qu'aujourd'hui. Dans ces conditions, cette énergie devient très compétitive face aux hydrocarbures et aussi en termes de bilan carbone.

Notre collègue Éric Gold compte dans son département un champion industriel, Michelin, qui est engagé dans la filière hydrogène et qui entend devenir l'un des leaders mondiaux de la mobilité. Ce n'est sans doute pas un hasard si la région Auvergne-Rhône-Alpes concentre 80 % des acteurs de la filière hydrogène en France.

Pour relever ce défi, il faudra cependant résoudre une équation qui reste encore floue, celle de l'équipement de notre territoire en stations de distribution pour approvisionner les véhicules grand public en hydrogène. Madame la secrétaire d'État, avez-vous prévu un plan national de déploiement de telles stations de distribution ? (Applaudissements sur les travées du groupe RDSE.)

Mme la présidente. La parole est à Mme la secrétaire d'État.

Mme Bérangère Abba, secrétaire d'État auprès de la ministre de la transition écologique, chargée de la biodiversité. Monsieur le sénateur Bilhac, la stratégie nationale de l'hydrogène vise d'abord à décarboner l'industrie et la mobilité lourde, non à accroître la production de véhicules à hydrogène pour les particuliers.

En effet, pour différentes raisons, l'hydrogène s'adresse plus directement à une mobilité lourde. D'une part, il permet une autonomie bien supérieure – entre 600 et 700 kilomètres –à celle que permettent les batteries électriques – entre 300 et 400 kilomètres. D'autre part, le temps nécessaire pour faire le plein d'hydrogène est comparable à celui d'un plein classique de diesel et il faut plusieurs heures pour recharger une batterie.

En revanche, le véhicule léger à batterie, qui progresse très rapidement, y compris en termes d'autonomie, nous semble à même de répondre de mieux en mieux aux besoins de la mobilité individuelle et il est bien plus avancé que le véhicule léger à hydrogène, tout en étant moins cher.

En matière de transports, la stratégie nationale fixe comme objectif prioritaire de décarboner la mobilité lourde, ce qui aura un impact plus important, en accompagnant l'ensemble de la chaîne de valeur de la filière hydrogène, de la production par électrolyse à la station de distribution, qui permettra de ravitailler en hydrogène les véhicules des flottes professionnelles, comme les bus, les autocars, les poids lourds et les véhicules utilitaires.

Le soutien au marché de la mobilité lourde concernera les composants et les opérations locales de déploiement cofinancées par l'État et les collectivités territoriales. D'ailleurs, l'appel à projets Briques technologiques permettra, entre autres, de soutenir les porteurs de projets pour industrialiser la production de stations de ravitaillement. L'appel à projets Écosystèmes territoriaux permettra quant à lui de soutenir notamment les infrastructures de distribution d'hydrogène à l'attention des flottes professionnelles.

À plus long terme, d'ici à une dizaine d'années, quand les procédés de production des différents systèmes seront devenus très compétitifs, l'hydrogène pourra éventuellement s'adresser aux véhicules destinés à l'usage des particuliers. D'ici là, les investissements prévus pour la mobilité contribueront à préparer les infrastructures de ravitaillement sur l'ensemble de du territoire.

Mme la présidente. La parole est à M. Christian Bilhac, pour la réplique.

M. Christian Bilhac. Je vous remercie pour votre réponse, madame la secrétaire d'État. Mon inquiétude est que nous renouvelions l'erreur que nous avons commise avec les véhicules électriques : les citoyens, surtout dans les territoires ruraux, ne s'équipent pas parce qu'il leur faudrait parcourir des kilomètres et des kilomètres pour trouver une borne de recharge. Les véhicules hybrides, électriques et à hydrogène, étant l'avenir, il faut, pour qu'ils soient un succès, que les gens puissent se ravitailler près de chez eux.

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