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Proposition de résolution sur le pastoralisme

M. Jean-Yves Roux. Monsieur le président, monsieur le ministre, mes chers collègues, j'interviens en tant que signataire de la proposition de résolution sur le pastoralisme.

 

 

En effet, je souscris pleinement aux objectifs de préservation des écosystèmes pastoraux qui y sont énoncés, et m'associe en particulier aux alertes répétées concernant le loup rappelées par notre collègue Patricia Morhet-Richaud.

Le plan national d'actions 2018-2023 sur le loup et les activités d'élevage repose sur un principe d'équilibre entre la conservation des espèces et la prise en compte de la détresse des éleveurs. Or cet équilibre n'existe pas, mes chers collègues. La seule chose qui subsiste, c'est la détresse des bergers qui pleurent leur travail et qui assistent impuissants à la mort de leurs animaux.

Je vous rappelle, mes chers collègues, que ce plan était censé assurer une coexistence pacifique. Pourtant, les attaques de loup se multiplient. Dans mon département, au 28 septembre, 378 attaques et 1 208 victimes sont à déplorer, soit une hausse de 13 % des attaques et de 28 % des victimes ; sur les 198 communes que comptent les Alpes-de-Haute-Provence, 90 sont touchées. Il faut souligner que seuls les animaux mordus figurent parmi les victimes, alors que des moutons meurent en sautant des barres rocheuses pour échapper aux canidés et que nombre de brebis avortent, stressées par les attaques, ce qui augmente le nombre réel de victimes.

De même, cette coexistence n'est plus pacifique parce que les loups eux-mêmes ont changé. Un travail d'enquête publié dans mon département, en janvier 2017, par l'INRA et le Centre d'études et de réalisations pastorales Alpes-Méditerranée démontrait déjà que les loups franchissaient la lisière des forêts et se rapprochaient de plus en plus des habitations humaines. Ces animaux « s'adaptent, évoluent en fonction de nous », expliquait le chercheur Michel Meuret.

Mes chers collègues, la vocation des bergers n'est ni de tuer des loups ni de se transformer en éleveurs professionnels de chiens d'Anatolie ou de patous, non plus que de monter des dossiers pour solliciter des subventions destinées à compenser la perte de leurs bêtes.

Que des bergers désertent certains espaces parce qu'il est impossible de préserver leur troupeau, voilà une très mauvaise nouvelle pour l'environnement montagnard, qu'ils ne pourront plus entretenir. Voulons-nous que nos montagnes deviennent à court terme des déserts, dévastées qu'elles seront par des impacts de foudre accélérés par le réchauffement climatique ? Voulons-nous des montagnes fragilisées par des feux, faute de bergers présents ? Voulons-nous pleurer des zones entières carbonisées, comme en Californie ?

Enfin, il faut aussi prendre en compte le désarroi profond des élus concernés, qui vivent dans la crainte permanente, non seulement d'accidents liés à la présence de loups jusque dans les villages et de chiens dans les chemins de randonnée, mais aussi d'accidents de chasse.

Monsieur le ministre, il est nécessaire, à mes yeux, que chacun retrouve sa place. J'ai plaidé en faveur de la conservation d'une brigade loup ; je suis aujourd'hui convaincu qu'il faut soutenir les bergers et embaucher, si nécessaire dans le cadre de contrats aidés, des personnes dédiées à la sécurité.

De plus, je crois nécessaire d'adapter la législation et, en particulier, les dispositions du code rural ayant pour objet la responsabilité des maires quant aux chiens de berger.

À titre personnel, je suis enfin favorable à un autre mode de régulation de la présence lupine. Quiconque s'est trouvé face à un loup sait que le tir de prélèvement négocié n'est pas réaliste. Je plaide très clairement pour que le loup puisse – dans un cadre très réglementé, et lorsque la situation l'impose – être classé comme nuisible.

M. Loïc Hervé. Très bien !

M. Jean-Yves Roux. Mes chers collègues, je souhaite vivement que cette proposition de résolution débouche sur des solutions pragmatiques, humaines et soucieuses de la préservation à court terme de nos territoires ! (Applaudissements sur les travées du groupe du Rassemblement Démocratique et Social Européen, du groupe socialiste et républicain, du groupe Les Indépendants – République et Territoires, du groupe Union Centriste et du groupe Les Républicains.)

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