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Question d'actualité sur l'intervention française au Mali

M. le président. La parole est à M. Olivier Léonhardt, pour le groupe du Rassemblement Démocratique et Social Européen.

 

M. Olivier Léonhardt. Monsieur le Premier ministre, notre émotion est, de même que celle de nos concitoyens, à son comble depuis l'annonce de la mort, ce lundi 25 novembre, de treize de nos soldats, dans la collision de deux hélicoptères au cours d'une opération de combat au Mali.

Au nom de tous les collègues de mon groupe, je souhaite rendre hommage au courage de ces héros, qui ont péri ensemble au cours cette tragédie. Je tiens à honorer leur mémoire, et je veux adresser notre soutien le plus profond aux familles endeuillées. J'ai naturellement une pensée particulière pour notre collègue Jean-Marie Bockel et sa famille.

À cet instant, alors qu'un hommage national sera rendu aux Invalides lundi prochain, il me paraît crucial de réaffirmer notre soutien aux 4 500 soldats engagés sur le terrain pour combattre le terrorisme islamiste qui nous frappe ici aussi, en France et en Europe.

Par-delà les débats que certains voudraient engager sur la stratégie de la France dans la région du Sahel, je veux rappeler deux choses, simples et pourtant fondamentales : sans l'opération Barkhane, le Mali, pays ami de la France, serait aujourd'hui sous la domination de nos ennemis ; en effet, au Mali, la France fait face, trop seule, à l'organisation de l'État islamique dans le Grand Sahara.

C'est d'ailleurs sur ce point que je souhaite vous interroger, monsieur le Premier ministre. Dans un contexte de dégradation de la situation sécuritaire dans la région du Sahel, alors que la France protège toute l'Europe au travers de cette opération, quelles initiatives comptez-vous prendre pour obtenir un soutien militaire renforcé de la part de nos alliés européens, qui sont, de fait, directement concernés ? Quelles initiatives diplomatiques et politiques, la France prend-elle auprès de l'Union européenne et de l'Organisation des Nations unies, pour avancer vers la stabilisation économique et institutionnelle dans cette région ?

M. le président. La parole est à Mme la secrétaire d'État auprès de la ministre des armées.

Mme Geneviève Darrieussecq, secrétaire d'État auprès de la ministre des armées. Monsieur le sénateur Léonhardt, je tiens d'abord à excuser l'absence de Florence Parly, qui a tenu à se rendre au Mali, aux côtés de nos forces armées, à la suite du drame au cours duquel treize de nos militaires ont trouvé la mort lundi, lors d'une opération de combat contre les groupes armés djihadistes, dans le Liptako malien.

Je veux aussi vous remercier, vous, la représentation nationale, du soutien indéfectible que vous exprimez à nos forces armées. Je dois le dire, notre ministère et la communauté de défense sont très sensibles au soutien de la Nation, dans les moments difficiles, mais aussi tout au long de l'année.

Monsieur le sénateur, la France reste, plus que jamais, engagée aux côtés du Mali.

À court terme, nos axes d'effort consistent d'abord à soutenir les armées locales et la force du G5 Sahel ; outre notre soutien à l'équipement de ces forces, cela passe par des opérations conjointes, comme l'opération Bourgou IV, menée justement au cours des dernières semaines et appuyée par Barkhane, qui a permis de neutraliser nombre de terroristes et de saisir beaucoup d'équipements. La France veut mobiliser les Européens pour lancer la force Takouba, un déploiement de forces spéciales européennes, en accompagnement des Maliens.

Cela dit, M. le Premier ministre vient de le dire, la solution n'est pas que militaire, l'accord de paix doit être mis en œuvre et nous devons progresser en matière de gouvernance et de développement. C'est au gouvernement malien qu'il appartient de jouer un rôle moteur ; son engagement à désarmer toutes les milices et à aller au bout du processus de désarmement, de démobilisation et de réinsertion doit être suivi d'effets.

La France est prête à aider les Maliens à faire face à la crise survenue dans le centre du pays ; le Premier ministre malien s'est rendu dans cette région et a permis la signature d'accords locaux, ce qui est un pas supplémentaire.

Le retour de la sécurité et de la justice est impératif, mais il faut également traiter les causes profondes de la crise,…

M. le président. Il faudrait conclure.

Mme Geneviève Darrieussecq, secrétaire d'État. … en soutenant le redéploiement accéléré de l'État et des services ; c'est la priorité de notre appui, notamment avec l'Alliance Sahel. (Applaudissements sur les travées du groupe LaREM, ainsi que sur des travées des groupes UC et RDSE.)

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