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Question d'actualité sur la crise migratoire

 

M. le président. La parole est à M. Bernard Fialaire, pour le groupe du Rassemblement Démocratique et Social Européen. (Applaudissements sur les travées du groupe RDSE.)

M. Bernard Fialaire. Ma question s’adresse à M. le ministre de l’intérieur.

Il y a une semaine, vingt-sept personnes trouvaient la mort en tentant de traverser le détroit du Pas-de-Calais pour rejoindre le Royaume-Uni. Après le temps légitime de l’émotion et du recueillement vient désormais celui des actes, afin de ne plus laisser « la Manche devenir un cimetière », comme l’a déclaré le Président de la République.

Au-delà des circonstances de ce drame, c’est bien toute la gestion de notre politique migratoire qui pose aujourd’hui question, en particulier en lien avec notre voisin britannique depuis le Brexit, avec, en toile de fond, le sort en suspens de populations très fragiles, qui restent irrésistiblement attirées par le rêve d’une vie meilleure outre-Manche ou chez nous.

Il y a donc urgence.

Oui, les réseaux mafieux de passeurs ont une responsabilité dans la multiplication des tentatives de traversée. Mais le verrouillage de la frontière autour de Calais depuis l’accord du Touquet en est aussi une cause structurelle.

Les migrants ne doivent pas devenir les victimes de nos arbitrages politiques.

Pour notre part, nous pensons que la solution doit d’abord être gérée par la solidarité européenne. Mais elle ne peut s’extraire d’une réflexion plus large sur notre politique migratoire, au regard des tendances de long terme de notre démographie.

Comment parler aujourd’hui de façon crédible de réindustrialisation si la main-d’œuvre venait à manquer ? Comment garantir la pérennité de notre modèle social si notre économie ne peut plus le financer ?

Hier, le Panthéon accueillait une migrante, Joséphine Baker, qui a su rendre à la France ce qu’elle lui avait donné et plus encore.

Monsieur le ministre, quelles mesures comptez-vous prendre pour garantir une politique migratoire plus juste et plus humaine ? (Applaudissements sur les travées du groupe RDSE. – M. François Patriat applaudit également.)

M. le président. La parole est à M. le ministre de l’intérieur.

M. Gérald Darmanin, ministre de l’intérieur. Monsieur le sénateur, tout d’abord, je veux redire au nom du Gouvernement – et je l’imagine, en notre nom à tous – notre émotion et, bien sûr, notre colère face au drame qui s’est déroulé au large de Calais le 24 novembre dernier. Beaucoup de vos collègues vont poser des questions sur cette crise migratoire, et je leur répondrai bien évidemment. Mais puisque vous avez prononcé ce mot d’introduction, je tenais à m’associer à vos propos.

Dans tous les pays, l’immigration est quelque chose de normal. Elle n’est ni une chance ni une malchance pour un pays ; elle est un fait.

Nous devons pouvoir accueillir sur notre sol les personnes qui y viennent pour diverses raisons, ce que notre droit reconnaît depuis des temps très anciens, au moins depuis que la République française est une démocratie.

L’accès au droit d’asile veut dire non pas que l’on accepte tout le monde, mais que chaque demande est étudiée dans les meilleures conditions possible.

Nous avons encore beaucoup de travail à faire, monsieur le sénateur, pour que l’accueil des personnes sur le territoire national ait lieu dans des conditions de parfaite humanité. Le Président de la République a demandé que les délais soient réduits ; nous y procédons. Faut-il agir encore davantage en ce sens ? Oui !

Notre pays a besoin aussi, comme tous les pays du monde – en tout cas ceux d’Europe –, de l’immigration de travail. Il faut réviser, sans doute, la liste des métiers concernés, mieux accueillir les personnes en matière de logement, peut-être établir avec elles un contrat plus clair, et il faut que le patronat les rémunère davantage. Oui, nous devons évidemment faire cela, comme l’ont proposé un certain nombre de penseurs et d’économistes.

En contrepartie – il me faut aller très rapidement, monsieur le sénateur –, nous devons pouvoir dire que nous ne voulons pas accueillir un certain nombre de personnes sur notre sol.

Bien sûr, nous devons encore améliorer la façon dont nous reconduisons ceux auxquels nous n’accordons pas le droit d’asile en France ou le droit de travailler dans notre pays, ou bien ceux dont nous jugeons que le comportement ou les valeurs ne sont pas compatibles avec la République.

C’est un travail très difficile, et je peux vous assurer que, loin des pulsions et des réflexes, le Gouvernement est dans la réflexion et dans l’action. (Applaudissements sur les travées du groupe RDPI.)

M. le président. La parole est à M. Bernard Fialaire, pour la réplique.

M. Bernard Fialaire. Merci, monsieur le ministre, de votre réponse. Sincèrement, le plus bel hommage que l’on peut rendre à Joséphine Baker aujourd’hui est bien de traiter avec humanité ce problème dramatique, à la suite de l’épisode qui s’est déroulé il y a huit jours exactement. (Applaudissements sur les travées du groupe RDSE, ainsi que sur des travées des groupes GEST et SER.)

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