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Question d'actualité sur la formation des enseignants

M. le président. La parole est à M. Guillaume Arnell, pour le groupe RDSE. (Applaudissements sur les travées des groupes RDSE et UC.)

 

M. Guillaume Arnell. Ma question porte sur la formation des enseignants.

Il ne se passe plus une semaine sans que l'actualité fasse état de faits de violences au sein de nos établissements scolaires, des lieux symboliques de la République qui devraient pourtant être sanctuarisés. Vendredi dernier, c'était au collège Alain-Fournier à Orléans. Lundi, c'était dans les collèges Gérard-Philipe à Clermont-Ferrand et Paul Jean-Louis à Saint-Laurent-du-Maroni en Guyane.

Menaces, coups, agressions à l'arme blanche sur les élèves comme sur les personnels de l'éducation nationale…, les faits dont nous parlons sont de moins en moins isolés. Si l'on ajoute les agissements se déroulant aux abords des établissements, il est évident que la violence scolaire est un phénomène de société contre lequel il est urgent d'agir. Or nos enseignants, dont le travail doit être salué, sont trop souvent démunis face à des situations qu'ils n'ont pas été formés à gérer.

La gestion de ces cas de figure implique d'abord qu'ils sachent désamorcer une situation urgente et dangereuse. Mais, sur le long terme, ces faits montrent surtout l'ampleur du travail à mener pour transmettre à notre jeunesse, c'est-à-dire les citoyens en devenir, les valeurs de tolérance, de civisme et de laïcité, qui sont inhérentes à la République. Ces valeurs se déclinent en droits et en devoirs, précisément pour permettre à tous les citoyens de vivre ensemble en pleine concorde, dans le respect des lois.

Dans cette optique, Najat Vallaud-Belkacem, alors ministre de l'éducation nationale, de l'enseignement supérieur et de la recherche, avait mis en place en 2015 le module Enseignement moral et civique (EMC), qui venait remplacer l'instruction civique. Près de quatre ans plus tard, et comme le craignaient les syndicats de professeurs, il semble bien que nos enseignants ne soient pas encore suffisamment formés pour dispenser cette matière, alors que les enjeux pour notre société deviennent de plus en plus patents.

Mes deux questions sont donc simples. Quel bilan tire le Gouvernement de la mise en place de l'EMC ? Plus généralement, comment compte-t-il donner à nos enseignants les moyens de transmettre efficacement les valeurs qui font vivre notre République ? (Applaudissements sur les travées des groupes RDSE, LaREM et UC.)

M. le président. La parole est à M. le secrétaire d'État auprès du ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse.

M. Gabriel Attal, secrétaire d'État auprès du ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse. Monsieur le sénateur, il y a, me semble-t-il, un point qui nous rassemble tous, au-delà de nos sensibilités politiques : la première rencontre du futur citoyen avec la République, c'est l'école ! Celles et ceux qui incarnent la République face à ces jeunes, ce sont les professeurs et les personnels encadrants. Tous ceux qui tolèrent, minimisent ou relativisent des actes d'agression à l'égard de ces enseignants et personnels encadrants nous font prendre le risque d'une société dans laquelle l'on en viendrait à tolérer, à minimiser ou à relativiser des agressions vis-à-vis des institutions et de celles et ceux qui les incarnent au quotidien sur le terrain.

Il faut donc lutter résolument contre les violences à l'école. Nous le faisons. Le plan de lutte contre les violences présenté par Jean-Michel Blanquer à la dernière rentrée contient des mesures très concrètes et efficaces. Je pense au raccourcissement drastique des délais de réunion des conseils de discipline, à la simplification des conditions dans lesquelles des personnels de direction peuvent prononcer seuls des sanctions ou à la proposition adressée systématiquement aux enseignants victimes de violence que l'établissement porte plainte en leur nom s'ils ne veulent pas saisir eux-mêmes la justice.

Mais, comme vous l'avez souligné, le rôle de l'éducation est fondamental. C'est l'objet de l'enseignement moral et civique, qui s'est substitué à l'éducation civique.

Vous souhaitez connaître le regard du Gouvernement sur l'EMC. À nos yeux, cet enseignement est perfectible. Nous pouvons notamment améliorer la transmission des droits et des devoirs, ainsi que des valeurs républicaines à destination des élèves. Nous le ferons de manière plus forte et efficace avec le service national universel. Mais il faut évidemment commencer beaucoup plus tôt. Nous avons saisi le Conseil supérieur des programmes, qui nous remettra prochainement des propositions.

Vous nous avez également interrogés sur la formation. L'an dernier, 25 000 enseignants ont été formés à de tels enjeux. Sur les cinq dernières années, cela représente 150 000 personnes. La problématique que vous évoquez est évidemment au cœur de la transformation de la formation des enseignants que nous engageons. (Applaudissements sur les travées du groupe LaREM.)

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