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Question d'actualité sur le chômage partiel

M. le président. La parole est à Mme Maryse Carrère, pour le groupe Rassemblement Démocratique et Social Européen. (Applaudissements sur les travées du groupe RDSE.)

 

Mme Maryse Carrère. Ma question s'adressait initialement à Mme la ministre du travail, de l'emploi et de l'insertion.

Nul besoin de revenir sur les difficultés que nous traversons et contre lesquelles l'ensemble des Français luttent depuis le mois de mars dernier. Je souhaite aujourd'hui alerter le Gouvernement sur un certain nombre de professionnels qui vont rester sur le bord du chemin.

Les premiers sont des réceptionnistes, des veilleurs de nuit, des femmes de ménage, des maîtres d'hôtel, des extras, tous ces salariés de l'hôtellerie et de la restauration, dont les emplois sont au rythme des saisons et de l'activité touristique. Dans mon département, notamment à Lourdes, ils sont des centaines sur le fil de leur fin de droits au chômage, parce qu'ils n'ont pu signer un nouveau contrat au mois de mars dernier.

Les seconds sont des pisteurs secouristes, des dameurs, des moniteurs de ski aujourd'hui suspendus à la réouverture des stations de sports d'hiver pour Noël. On les appelle les saisonniers ; à Lourdes, on les appelle aujourd'hui les oubliés. Ils sont le maillon essentiel de notre économie touristique et de montagne.

Hier soir, ils ont comme nous tous entendu le Président de la République s'exprimer en ces termes : « Les saisonniers, les extras qui n'ont plus d'engagements depuis des mois […] trouveront une réponse exceptionnelle à leur situation. » Aussi, entre les milliers de saisonniers qui arrivent en fin de droits, parce qu'ils n'ont pu retrouver une activité, et ceux qui ne retrouveront une activité au mieux qu'au mois de janvier prochain, quelle réponse d'urgence le Gouvernement compte-t-il apporter pour traduire les engagements du Président de la République ?

Les saisonniers auront-ils droit à une recharge automatique de leurs droits, afin de survivre dans une situation qui risque de durer ? Je pense notamment à mon département, où la crise sociale sera sans précédent. L'État a localement activé les leviers possibles, mais ceux-ci ne suffiront pas. Il nous faut une réponse ! Il leur faut une réponse de toute urgence ! Et cette réponse, elle est entre les mains du Gouvernement.

Ma question est donc simple. Monsieur le secrétaire d'État, pouvez-vous nous préciser les dispositifs d'aide qui seront proposés et, ainsi, donner une lueur d'espoir à ceux qui, en l'état actuel des mesures, passeront au travers des mailles du filet de la solidarité nationale ? (Applaudissements sur les travées du groupe RDSE.)

M. Jean-Claude Requier. Très bien !

M. le président. La parole est à M. le secrétaire d'État chargé des retraites et de la santé au travail.

M. Laurent Pietraszewski, secrétaire d'État auprès de la ministre du travail, de l'emploi et de l'insertion, chargé des retraites et de la santé au travail. Madame la sénatrice Carrère, vous venez de rappeler les propos que le Président de la République a tenus hier soir dans son allocution. Il est parfaitement exact qu'il a évoqué la situation de tous ces Français et Françaises qui sont des saisonniers ou des extras et que vous connaissez bien dans votre territoire. En effet, ils trouveront une réponse exceptionnelle à leur situation.

Je veux revenir sur quelques éléments qui concernent, certes, les habitants de votre département des Hautes-Pyrénées, particulièrement de la zone de Lourdes, mais aussi, sans aucun doute, de nombreux Français et Françaises sur d'autres territoires.

Comme vous le savez, la ministre du travail Élisabeth Borne est mobilisée, avec les partenaires sociaux, pour protéger tous les travailleurs ayant vu leur activité se réduire, voire disparaître du fait de la crise. Je reconnais que l'ampleur de celle-ci est particulièrement forte dans les zones que vous connaissez bien, notamment du fait de ces emplois saisonniers du secteur de l'hôtellerie-restauration.

Notons d'ailleurs que le dispositif d'activité partielle mobilisé sur cette année 2020 au titre de la crise sanitaire – dispositif d'un montant de plus de 30 milliards d'euros – engage déjà 3 milliards d'euros pour l'ensemble des salariés des hôtels, restaurants et cafés.

J'ai été particulièrement attentif à votre question, madame la sénatrice, et à la situation précise de Lourdes. Mes services ont donc pris contact avec ceux de Pôle emploi sur place et je peux déjà vous dire que, sur les 125 saisonniers identifiés à Lourdes par Pôle emploi comme étant en fin de droits, plus de 60 se sont vu proposer, soit un emploi dans la vallée, soit une solution de formation. Je reconnais toutefois qu'une solution n'a pas été trouvée pour tous et vous avez souligné l'importance d'avoir une réponse globale.

Dans cette optique, vous savez que le travail du Gouvernement se poursuit sur le sujet, dans la continuité du comité interministériel du tourisme, avec Jean-Baptiste Lemoyne et les élus du territoire, dont vous faites partie. Nous allons donc trouver les solutions les plus adaptées, celles que vous attendez, d'ici, je crois, quelques heures ou quelques jours.

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