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Question d'actualité sur les internats d'excellence

M. le président. La parole est à Mme Josiane Costes, pour le groupe du Rassemblement Démocratique et Social Européen. (Applaudissements sur les travées du groupe RDSE.)

 

Mme Josiane Costes. Monsieur le président, monsieur le ministre, mes chers collègues, nombre de nos départements ruraux font face à la déprise démographique. La présence d'un bon maillage d'établissements scolaires est un enjeu d'autant plus fondamental qu'il contribue à attirer et à fixer des familles, à faire vivre l'économie locale et à développer de véritables savoir-faire dans nos territoires.

L'internat peut constituer une réponse adéquate. Or la désaffection à leur égard est bien documentée. En 1960, près d'un quart des élèves du second degré étaient internes. Ils sont moins de 4 % aujourd'hui, alors qu'il existe près de 40 000 places vacantes.

Monsieur le ministre, vous avez décidé de revitaliser et de moderniser ce modèle d'enseignement. Pour ma part, j'y vois un moyen d'insuffler du dynamisme et de la jeunesse dans des territoires vieillissants.

Après la remise du rapport de Jean-Yves Gouttebel et de Marc Foucault, vous avez présenté un plan pour l'internat du XXIe siècle, qui a pour ambition de créer ou de rénover 100 internats d'excellence, 100 résidences à thèmes et 40 campus professionnels d'ici à 2022, pour un total de 13 000 places.

Ce projet a, en particulier, pour finalité de tisser des liens étroits avec les territoires ruraux. Bien sûr, en tant que sénatrice du Cantal, je m'en réjouis, mais je m'interroge aussi sur l'appel à projets destiné aux collectivités qui a été annoncé pour la rentrée.

Quel est son calendrier ? Quelles sont ses modalités ? Plus largement, comment se coordonneront l'État et les collectivités pour atteindre les objectifs, sachant que les territoires qui en ont le plus besoin ne disposent généralement pas des ressources nécessaires ? Enfin, de quelle façon allez-vous articuler ce projet éducatif à celui des campus connectés ? L'ouverture annoncée d'une centaine de sites d'ici à 2022 pourrait, si leur localisation était coordonnée avec le plan pour l'internat, offrir des perspectives nouvelles pour nos territoires. (Applaudissements sur les travées du groupe RDSE.)

M. le président. La parole est à M. le ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse.

M. Jean-Michel Blanquer, ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse. Monsieur le président, mesdames, messieurs les sénateurs, madame la sénatrice Josiane Costes, je veux d'abord vous exprimer ma solidarité, puisque vous faites partie des élus ayant subi des exactions dans leur permanence ces derniers jours. Nous condamnons évidemment ces actes avec la plus grande fermeté.

Votre question est très importante, parce qu'elle porte sur l'une des politiques publiques les plus importantes qui puissent être en matière sociale et en matière d'aménagement du territoire, comme vous l'avez très bien dit.

Le rapport Gouttebel-Foucault, auquel vous avez fait référence et qui a, d'ailleurs, de fortes racines auvergnates – M. Gouttebel est président du conseil départemental du Puy-de-Dôme et ce qui se passe en Auvergne a été largement observé –, a inspiré le plan auquel vous avez fait référence.

Je veux rappeler les grands principes de ce plan, qui vont dans le sens que vous souhaitez.

Il s'agit d'abord de favoriser la revitalisation rurale. C'est ce que nous voulons.

Il s'agit ensuite de favoriser l'ascension sociale. Nous savons bien que, dans l'histoire de la République, l'internat a joué un rôle-clé dans l'ascension sociale des élèves.

Enfin, nous voulons développer l'internat quantitativement et qualitativement.

C'est pourquoi il y aura trois catégories d'internats : des internats thématiques – centrés sur les langues, le numérique ou encore le sport, pour ne prendre que ces exemples –, des internats d'excellence, dont le concept est désormais bien établi, et des internats professionnels. La semaine prochaine, j'annoncerai justement, avec Muriel Pénicaud et Frédérique Vidal, les nouveaux campus professionnels, qui sont le résultat d'un précédent appel d'offres visant à mailler le territoire. Il s'agit de ces « Harvard du pro » que j'avais évoqués au moment de la préparation de la réforme de la voie professionnelle.

Oui, le développement des internats est imminent, puisque l'appel d'offres va être lancé au mois de février, avec l'aide du programme d'investissements d'avenir. Oui, notre volonté est d'y associer les collectivités, particulièrement les départements et les régions, en étant particulièrement attentifs aux plus pauvres, puisque c'est précisément là que nous devons agir. Les Édu Prêts nous aideront à être actifs en la matière. (Applaudissements sur les travées du groupe LaREM, ainsi que sur des travées des groupes RDSE et UC.)